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TIRAGE 2023
Discours du payernois du dehors | Jean-Léon Zbinden

Discours du payernois du dehors

Le Poméran Jean-Léon Zbinden aime retrouver ses « meubles »

Il a beau être exilé depuis plusieurs décennies dans le Nord vaudois voisin, Jean-Léon Zbinden n’a jamais renié son attachement à Payerne. Mieux, il revient chaque fois qu’il le peut sur les terres de son enfance. « Mes parents ont toujours habité Payerne. Ma maman est née dans une famille d’agriculteurs de Dompierre et papa à Lossy, près de Belfaux. Ils m’ont appris que l’on ne doit jamais oublier d’où on vient », explique le sympathique septuagénaire qui portera le toast à la patrie lors du dimanche du Tirage, mi-août.

Son père était employé chez Morandi et sa maman à la fabrique de cigares Frossard. Jean-Léon a tout naturellement suivi sa scolarité dans la cité de la Reine Berthe, notamment à l’école catholique. Elève passionné, il a eu l’opportunité de suivre le Gymnase en latin-grec à Châtel-Saint-Denis, en tant qu’interne. Une période dont il garde de beaux souvenirs. Et puis il y a eu ce passage à Saint-Michel (Fribourg), avec la découverte du ski, du théâtre, les balades, et des débats animés avec les enseignants. C’est sans doute durant cette période que s’est développée sa passion pour la montagne. Randonneur et alpiniste, il a eu le bonheur de gravir de nombreux sommets des Alpes et d’autres contrées, notamment à l’Himalaya. De cette première expédition en Asie en 1999, il dit volontiers : « En rentrant, je n’étais plus le même. »

C’est au collège Saint-Michel, après deux années d’études classiques, que Jean-Léon Zbinden a bifurqué vers les études commerciales, achevées il y a tout juste soixante ans. Conscient de la valeur d’un CFC, il a encore effectué un apprentissage de commerce à la quincaillerie Favre. Et si le commerce, sous différentes formes, a été la principale activité dans sa vie professionnelle, les études classiques ont développé son intérêt pour la littérature et les autres cultures.

En bon Payernois, il a effectué son école de recrue dans la DCA. Outre l’alpinisme, il a joué au football dans les rangs du Stade Payerne. Avec une équipe d’amis, il a formé Les Etoiles filantes, un groupe de rock-twist qui a connu ses heures de gloire au début des années soixante, et au sein duquel il excellait tant à la guitare qu’au saxophone. Ce groupe, parrainé à son origine par Les Aigles Noirs de Martigny, a notamment animé, en 1965, la levée des danses lors du Tirage !

Le tir fait bien-sûr partie des passions de Jean-Léon : il a présidé durant 22 ans la Société de tir des Armes de guerre de Pomy, son lieu de domicile. Il a évidemment siégé au Conseil général du village, dont il a présidé la commission de gestion. Et puis, ce grand-papa fier de ses petits-enfants a aussi présidé la commission scolaire durant dix ans, qui réunissait les villages de Cronay, Cuarny, Villars-Epeney et Pomy. De cette époque, il garde de bons souvenirs, notamment « la tournée des maîtresses ». Car Jean-Léon est un homme qui aime les contacts avec autrui.

Sur le plan professionnel, son CFC en poche, il est entré à Publicitas Fribourg. Où il a retrouvé Vincent Banderet, l’ami de toujours, qui est notamment à l’origine de l’hebdomadaire La Broye. Entre concerts et travail, Jean-Léon, à l’instar des jeunes de son époque, a vécu de folles années. D’autant plus qu’au mitan des années soixante, il a rejoint la fabrique de meubles Schorer et Casanova au Bey, près d’Yverdon-les-Bains. Commis de bureau en décembre 1966, il y a mis toute son énergie, gravissant les échelons. Au gré du décès tragique de son patron, il est devenu fondé de pouvoir en 1971, continuant la collaboration avec la patronne, avant de reprendre en 1986 l’affaire, rebaptisée depuis Yverdon Meubles.

Entretemps, Jean-Léon Zbinden a non seulement obtenu une maîtrise de chef d’entreprise à l’USAM (Union suisse des arts et métiers), mais aussi, et il en parle souvent avec fierté, fondé une belle famille avec Catherine. Ils ont cinq enfants : Murielle, Sylvie, Thierry, Aline, et Sophie, qui leur ont donné neuf petits enfants et trois arrière petites-filles. Le dimanche du Tirage, le public aura tout loisir d’apprécier la plume et le ton de cet homme qui aime profondément son prochain.

I.RO